Le Maramureș, on l'a fait en août 2026, en voiture, depuis Cluj-Napoca : atterrissage à Cluj, boucle dans le nord de la Roumanie, et retour au même aéroport. Deux jours sur place, des centaines de kilomètres de petites routes, et une région qui ne ressemble à rien de ce qu'on connaît en Europe de l'Ouest. Voici ce qu'on a vu, ce qui nous a surpris, et nos conseils pour organiser ton propre road trip.
On s'attendait à voir quelques églises anciennes. On en a vu partout. Dans chaque village, une église, souvent en bois, avec un clocher effilé qui dépasse des sapins. La surprise, c'est que la plupart sont récentes : beaucoup ont moins de trente ans. Depuis la chute du communisme, les constructions se sont enchaînées à un rythme impressionnant : selon plusieurs enquêtes de presse, environ 10 000 nouveaux lieux de culte ont été bâtis en Roumanie en trente ans, soit près d'un par jour.
Résultat : des édifices dans un état exceptionnel. Et à l'intérieur, pas un centimètre de mur blanc. Tout est peint, du sol à la voûte, avec des couleurs vives. On a l'impression de visiter une cathédrale qui vient juste d'être livrée. La plupart se visitent gratuitement, ou contre un don libre.
À ne pas confondre avec les huit églises en bois classées à l'UNESCO, beaucoup plus anciennes (XVIIe et XVIIIe siècles), plus petites et plus sombres. Les deux se complètent très bien sur un même itinéraire.
On a commencé par l'est du Maramureș, vers Borșa, au pied des montagnes. La route grimpe ensuite jusqu'au col de Prislop, où se dresse un monastère aux toits noirs, posé au milieu des alpages : on l'a survolé au drone, et la vue d'en haut donne une idée de l'immensité des pâturages autour.

L'après-midi, direction le monastère de Bârsana, le plus spectaculaire de la région. Une église en bois à double toiture, un clocher qui culmine au-dessus des sapins, un autel d'été, la maison des moines et un grand bâtiment aux galeries de bois sculpté, le tout au milieu de jardins fleuris. C'est l'image qu'on garde du Maramureș.

Le soir, on a posé les valises au Canves Inn, près de Sighetu Marmației : une piscine au pied des collines boisées, parfaite pour se rafraîchir au coucher du soleil après une journée de route.

Le cimetière de Săpânța est connu comme le « cimetière joyeux ». Honnêtement, on ne le décrirait pas comme ça. Il est surtout vivant. Chaque croix en bois, peinte en bleu vif, porte un petit poème en roumain et une scène sculptée : la vie de la personne, son métier, parfois la tragédie qui l'a emportée. C'est coloré, touchant, et on y passe beaucoup plus de temps que prévu.
À un kilomètre et demi, le monastère de Săpânța-Peri impressionne par la hauteur de son église en bois et par la finesse de sa charpente et de ses galeries.

On craignait des routes défoncées. Bonne surprise : à part quelques tronçons très abîmés, le réseau est globalement bon, et certaines routes de montagne sont superbes.
En revanche, on roule lentement. On passe de village en village, et on dépasse rarement les 50 km/h : dès qu'on atteint 100, il faut déjà ralentir pour le village suivant. Prévois large sur les temps de trajet, et profite : c'est en traversant les villages qu'on voit les portails en bois sculpté, les charrettes et les meules de foin.
Notre road trip roumain nous a aussi menés sur la Transfăgărășan, plus au sud, en Transylvanie, dans les monts Făgăraș. Cette route de montagne enchaîne les lacets à n'en plus finir et monte si haut qu'on y croise encore de la neige en plein été. Elle n'est pas au Maramureș, mais si tu as quelques jours de plus depuis Cluj, c'est l'un des plus beaux tracés d'Europe à faire en voiture. Elle n'est ouverte qu'en été, généralement de juillet à octobre.
Notre guide de la Roumanie, et nos idées pour visiter les environs de Cluj-Napoca.